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A la
découverte de Dieu
Dès ma plus petite
enfance, la foi est née dans mon cœur, grâce à une maman qui avait soin de
nous lire la parole de Dieu, mais qui s’appliquait aussi à la vivre. Je ne
pouvais mettre en doute l’authenticité des récits qu’elle nous faisait,
tellement ils trouvaient écho dans mon cœur. Une chose était certaine,
j’avais un créateur et je l’aimais par ce qu’il m’avait donné la vie. Nous
rendre à l’Eglise le dimanche était une fête, même si cela signifiait pour
ma sœur et moi, à l’époque âgées de trois et cinq ans, qu’il nous fallait
parcourir à pieds trois kms aller-retour, maman poussant le landau de
notre petite sœur. Mais en arrivant, nous trouvions toujours cette
atmosphère de joie, ces chants vivants et cette chaleur qui nous
enveloppait qui n’était autre que la présence de Dieu. Au fil des
prédications, et de l’enseignement apporté aux enfants, je compris que
j’avais besoin du Sauveur qu’est Jésus. Je le suppliais de venir habiter
mon cœur et de conduire ma vie. Cette expérience fut ma force.
Gardée au sein
de l'épreuve
Sa présence en moi
m’aida par la suite à faire face aux vagues successives qui s’abattirent
sur notre foyer en raison de la maladie morale et spirituelle de mon père.
Papa en effet, portait en lui les marques d’une enfance douloureuse. Il
aurait fallu qu’il dépose son fardeau et pardonne à ses parents.
Progressivement le manque de pardon rongeait sa vie, produisant des
racines profondes d’amertume et détruisant son propre foyer. Sa maladie s’
amplifiait. Des séjours en établissement psychiatrique s’imposèrent. Dans
de telles conditions, les moments de lecture biblique qu’il entreprenait
parfois de nous faire en famille nous paraissaient fastidieux et dépourvus
de vie. Mes sœurs se découragèrent. Maman restait résolument ferme dans la
foi, et par-dessus tout Dieu veillait…
Je découvris alors le sens
de l’appartenance à ma famille chrétienne, étant souvent reçue dans des
foyers de l’ Assemblée soucieux de m’apporter de la joie et de veiller à
ma vie spirituelle. J’avais désormais des points d’ancrage dans cette
communauté qui était la mienne. Par l’hospitalité exercée par les uns et
les autres, mes yeux s’ouvraient sur des valeurs sûres, grâce à
l’authenticité des ces hommes et de ces femmes, qui étaient aussi mes
responsables d’Eglise et de jeunesse auxquels je dois beaucoup
aujourd’hui. Parallèlement, les tensions familiales s’intensifiaient. Le
climat devenait insupportable.
Difficultés
ponctuées d'encouragement
Mais Dieu m’encourageait. Au cours d’un camp
d’été, je fus baptisée du Saint-Esprit, j’avais 17 ans, et à la rentrée
suivante, je passai par les eaux du baptême. Que de forces
supplémentaires. Le groupe de jeunes de l’Assemblée connut alors une
période difficile. Plusieurs repartirent en arrière après s’être engagés.
Je perdis mes deux meilleures amies. Deux fois l’une d’elles est venue à
la maison m’invitant à entrer dans la sphère de ses nouvelles
connaissances. Elle était désormais fiancée à un étudiant en médecine qui
terminait sa spécialité et m’assurait qu’en ce qui me concernait, mon
avenir « de vieille fille » était tout tracé puisque je m’obstinais à
rester dans cette Eglise sans perspective. Les maris servis sur un
plateau, ça convenait très bien à celles qui croient encore au père Noël !
J’eus un passage à vide. La solitude m’écrasait. J’eus peur de perdre
pied.
Cependant, dans cette période de trouble, je
puisais des forces dans la lecture des psaumes et des proverbes dont je
m’imprégnais comme un antidote contre la déprime. Pendant ce temps, mes
sœurs, quant à elles, cherchant un dérivatif, se sont laissées attirer
par le monde, semblant goûter à des moments de plaisirs et de consolations
immédiats, mais suivis de lendemains si amers entraînant pour elles de
tragiques conséquences.
Dieu est fidèle
De mon côté, bien que souffrant de solitude
et en proie à toutes sortes de questions, il n’en restait pas moins vrai
que j’avais un Père dans le ciel. Au cours d’une réunion de prière, par un
don spirituel, Dieu démentait les affirmations de mon amie rétrograde :
« Encore quelques années de patience et tu seras heureuse dans le foyer
que je te donnerai .» Le Seigneur a aussi de l’humour : sans que je ne
fasse aucun effort pour cela, il m’a accordé un mari. En réponse aux
prières d’une sœur de l’Eglise, son fils s’est converti. Ce fut lui que le
Seigneur m’avait destiné. Quelque temps après notre mariage, il nous a
appelés à son service. Quelle grâce de ne pas avoir quitté la bergerie
pendant ces années d’épreuves. Dieu est toujours fidèle. Même si parfois,
le chemin semble étroit et resserré, il s’ouvre pour celui qui croit
sur des grâces insoupçonnées.
Patricia
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